Repérages amiante et HAP dans la voirie : à quoi servent-ils ?

Le repérage de l’amiante est nécessaire pour des travaux concernant la voirie et les réseaux afin de protéger le personnel devant effectuer les travaux. L’article R. 4412-97 du code du travail dans sa version issue du Décret du 4 mai 2012, toujours applicable, prévoit déjà que ces diagnostics soient faits dans le cadre de l’évaluation des risques du maître d’ouvrage des travaux. La réglementation va se préciser et se renforcer avec la mise en oeuvre du repérage avant travaux dont l’application effective est prévue en 2023 pour laisser le temps à la profession de se préparer. En attendant, il est recommandé de faire appel à un opérateur de repérage s’appuyant sur la norme NF X46-102, qui devient depuis novembre 2020 la règle de l’Art pour repérer l’amiante dans les chaussées, les réseaux et ouvrages de génie Civil.  

En règle générale, lorsque l’amiante est recherchée dans la zone de travaux, les HAP (Hydrocarbure Aromatique Polycyclique) sont aussi recherchés dans le cadre des obligations intégrées au Code du Travail liées au risque chimique. En effet, les HAP sont classés officiellement par le CLP comme cancérigène. Les fumées de bitume lors de certaines applications peuvent exposer les salariés à des vapeurs de ce composé cancérigène et irritant pouvant au-delà du risque à long terme provoquer toux et maux de tête. Il faut donc connaître la teneur en HAP pour savoir quels moyens de protection adopter, mais aussi pour orienter les déchets vers les bonnes filières de traitement car selon la teneur en HAP de l’enrobé, le déchet sera admis en installation de stockage de déchets inertes, non dangereux ou plutôt orienté vers des installations de stockage de déchets dangereux (ISDD) si la concentration est élevée.

Lorsque la teneur en HAP dépasse 50 mg/Kg, le recyclage à chaud est interdit pour éviter le dégagement des vapeurs nocives évoquées plus haut. 


Pour en savoir plus sur les HAP : 
https://www.inrs.fr/risques/bitume/effets-sante.html
https://www.cerema.fr/fr/actualites/hap-hydrocarbures-aromatiques-polycyliques-problematique